vendredi 31 mai 2013

La ville de Digne

 
La ville de Digne dont le nom officiel est Digne-les-Bains en raison des ses huit sources d'eau chaude et une d'eau froide utilisées pour le thermalisme, est le chef-lieu du département des Alpes de Haute-Provence. Placée au centre géographique du département, cette ville abrite actuellement 17 400 habitants, ce qui en fait l’une des plus petites préfectures de France par sa population.

Le centre-ville est à 608 mètres d’altitude. En 1800 elle comptait 3200 habitants. C'était à Digne en 1801 que l'évêque Monseigneur De Miollis avait pris en charge le paysan Pierre Maurin condamné au bagne pendant cinq ans pour le vol d'un pain. Hugo tira de cette histoire véridique les personnages de Jean Valjean et Monseigneur Myriel.

L'œuvre à l'écran

La richesse et la profondeur des Misérables expliquent le succès jamais démenti de ce roman qui a inspiré de nombreuses adaptations :
- films de Frank Lloyd (1917),
- Jean-Paul Le Chanois (1958, voir la page d'ouverture),
- Robert Hossein (1982, avec Lino Ventura),
- Claude Lelouch (1995, avec Jean-Paul Belmondo),
- téléfilm de Josée Dayan (2000, avec Gérard Depardieu et John Malkovich),
- célèbre comédie musicale de Claude-Michel Schönberg et Alain Boublil (1980, version anglaise en 1985).
- Nouvelle comédie musicale britannique de Tom Hooper (2012)


Réflexion

Le XIX siècle est l'époque de l'essor du roman. Les Misérables (1862) en est l'un des meilleurs exemples, du fait de son ampleur et de ses personnages inoubliables. C'est un roman réaliste représentant l'ensemble de la société et contenant d'abondantes réflexions sur des thèmes comme la politique, la justice ou l'Histoire. Commencé en 1845 sous la Restauration, et repris en 1860, lorsque Victor Hugo s'est exilé de la France de Napoléon III, le roman reflète les évolutions politiques de l'auteur, passé par le royalisme et le bonapartisme avant de devenir républicain. Roman engagé, il vise à dénoncer les effets de la pauvreté.


Pour Victor Hugo, les « misérables » sont, le plus souvent, des victimes de la société. Le lecteur ressent de la pitié pour des personnages. Il ressent aussi de l'admiration pour l'honnêteté d'un Jean Valjean, dont la lutte constitue le cœur de ce roman d'apprentissage : il s'efforce de se protéger de la police, incarnée par Javert, et de sauver son âme, grâce à l'exemple de Monseigneur Myriel dont la bonté est remarquable. La dimension religieuse du combat entre le bien et le mal est importante. Les personnages sont complexes et sont confrontés à des dilemmes. Certains personnages ignobles comme les Thénardier inspirent au contraire l'indignation.

Les Misérables est également une œuvre romantique pleine de contrastes et d'images saisissantes. Le souffle épique qui l'anime se manifeste notamment dans la longue évocation de la bataille de Waterloo. Les scènes hugoliennes ont une importante force dramatique et ménagent du suspens. Le travail sur la langue, y compris sur l'argot, rappelle que Victor Hugo est l'un des plus grands poètes de la langue française, et ses analyses des sentiments, comme le remords, la peur ou l'amour, montrent sa sensibilité.

Jean Valjean 2


Jean Valjean, au bagne, faisait des travaux forcés. Quand vint son tour, il n'hésita pas à tenter de s'échapper. A chaque fois, il se fit attraper. C'est pourquoi il y resta dix-neuf ans, la première fois. Ce qu 'apprend Jean Valjean au bagne : Il apprend le crime et la malhonnêteté, car il va voler l'évêque et le Petit-Gervais, mais il apprend aussi à lire et à écrire.

Son caractère, son attitude : Valjean a un caractère très pensif, sans être triste, ce qui est le propre des natures affectueuses, avant d'aller au bagne pour la première fois. Quand il en sort, il est révolté, jusqu'à sa rencontre avec l'évêque qui lui rend sa dignité en l'accueillant et en lui faisant cadeau de ce que, pourtant, l'ancien forçat lui a volé. C'est aussi un personnage très courageux et très fort physiquement.

Jean Valjean 1


Jean Valjean est un personnage qui a perdu ses parents très jeunes. Sa sœur l'éleva tant qu'elle eut son mari. J. Valjean, arrivé à sa vingt-cinquième année, vivait toujours chez sa sœur devenue veuve, avec sept enfants à charge. Sa jeunesse se dépensait dans un travail mal payé.
Pendant la saison de l'émondage (couper les branches inutiles des arbres), il gagnait dix-huit sous par jour. Il arriva que l' hiver fut rude, et Jean n'eut pas d'ouvrage. Un soir, Jean Valjean vola un pain dans une boulangerie pour nourrir sa famille, et se fit rattraper par le vendeur. Il fut jugé et condamné à six ans de bagne.

jeudi 30 mai 2013

Monseigneur Bienvenu.... De Miollis !

François-Melchior-Charles-Bienvenu de Miollis (19 juin 1753, Aix-en-Provence - 27 juin 1843, Digne), est un homme d'église français, évêque de Digne de 1805 à 1838. Il inspira Victor Hugo à la création du personnage de l'évêque Charles Myriel dit "Monseigneur Bienvenu" dans le roman Les Misérables.

Fils d'un conseiller au parlement d'Aix en Provence, marié de bonne heure, la première partie de vie du futur évêque de Digne est réservée au monde et aux "galanteries". Puis vient la Révolution, les familles parlementaires décimées, chassées, traquées se dispersent. Charles Myriel émigre en Italie. Sa femme y meurt semble-t'il de la tuberculose. Ils n'ont point d'enfants.
Lorsqu'il revient d'Italie il est prêtre : curé de Brignolles en 1804, il est déjà d'un certain âge. Une petite affaire de sa cure l'amène à Paris où il croise par le plus grand des hasards l'empereur dans l'antichambre du bureau du cardinal Fesch: "Sire, dit M. Myriel, vous regardez un bonhomme, et moi je regarde un grand homme. Chacun de nous peut profiter".
L'empereur, le soir même, demanda au cardinal le nom de ce curé, et quelque temps après M. Myriel fut tout surpris d'apprendre qu'il était nommé évêque de Digne". Monsieur Myriel devient alors Monseigneur Bienvenu... "J'aime ce nom là, disait-il, Bienvenu corrige Monseigneur." 

Arrivé à Digne il quitte le palais épiscopal pour loger à l'hôpital, maison étroite et basse avec un jardin qu'il aimera cultiver: "Tenez, monsieur le directeur de l'hôpital, je vais vous dire. Il y a évidemment une erreur. Vous êtes vingt-six personnes dans cinq ou six petites chambres. Nous sommes trois ici, et nous avons place pour soixante. Il y a une erreur, je vous dis. Vous avez mon logis, et j'ai le vôtre. rendez-moi ma maison. C'est ici chez vous. Le lendemain, les vingt-six malades étaient installés dans le palais de l'évêque, et l'évêque était à l'hôpital". 

En tant qu'évêque M. Myriel reçoit de l'état (régime concordataire) un traitement de quinze mille francs par an, somme importante pour l'époque permettant de mener grand train de vie. Une fois pour toutes il détermine l'emploi de cette somme de la façon suivante: un dixième pour lui, le reste pour les oeuvres de l'Eglise, les pauvres et les prisonniers. "Je paye ma dîme" disait-il ! "
Quant au casuel épiscopal, rachat de bans, dispenses, baptêmes, prédications, bénédictions d'églises ou de chapelles, mariages, etc, l'évêque le percevait sur les riches avec d'autant plus d'âpreté qu'il le donnait aux pauvres" - et Hugo ajoute - "les pauvres gens du pays avaient choisi, avec une sorte d'instinct affectueux, dans les noms et prénoms de l'évêque, celui qui leur présentait un sens, et ils ne l'appelaient que Monseigneur Bienvenu"

 L'évêque de Digne incarne la vie d'un juste animé par l'idéal de miséricorde et de charité de l'Evangile : "Il ne condamnait rien hâtivement, et sans tenir compte des circonstances. Il disait : voyons le chemin par où la faute a passé." - "le moins de péché possible, c'est la loi de l'homme. Pas de péché du tout est le rêve de l'ange. Tout ce qui est terrestre est soumis au péché. Le péché est une gravitation."
- "il était indulgent pour les femmes et les pauvres sur qui pèse le poids de la société humaine. Il disait : les fautes des femmes, des enfants, des serviteurs, des faibles, des indigents et des ignorants sont la faute des maris, des pères, des maîtres, des forts, des riches et des savants.
- Il disait encore : A ceux qui ignorent, enseignez-leur le plus de choses que vous pourrez ; la société est coupable de ne pas donner l'instruction gratis ; elle répond de la nuit qu'elle produit. Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui fait le péché, mais celui qui fait l'ombre."

- "Comme on voit, il avait une manière étrange et à lui de juger les choses. Je soupçonne qu'il avait pris cela dans l'Evangile."

L'océan et les métaphores de Hugo !


Une métaphore est un procédé stylistique couramment utilisé qui permet une comparaison ou une analogie sans la présence d'un élément de comparaison. Avec la métaphore, ce n'est plus un rapport de comparaison qui est établit, mais un rapport référentiel. En ajoutant des éléments on enrichit le texte. L'exemple de l'océan peut paraître exagérer mais cela prépare et conditionne le lecteur.

La première de ces métaphores est celle de l'océan, développée en I, 2,8 "L'onde et l'ombre". Elle interrompt le cours du récit et conte l'histoire d'une noyade que son avant dernière phrase interprète : "La mer, c'est l'inexorable nuit sociale où la pénalité jette ses damnés. La mer, c'est l'immense misère." La fureur des flots se joint à la nuit pour évoquer un monde sans espoir. Elle se retrouve régulièrement dans le roman, de même que la nuit, l'ombre. Le roman en devient le récit d'une lutte entre l'obscurité et la lumière et il s'agit bien de savoir si les personnages vont surnager, rejoindre le jour où s'enfoncer dans les abîmes et les ténèbres. Certains s'y engloutissent.